Il y a parfois chez mes contemporains des comportements dans lesquels non seulement je ne me reconnais pas - lieu commun tant ils sont nombreux - mais dont la finalité m'échappe totalement
Un point important avant d'aller plus loin : cet article n'a pas vocation à moquer certains de mes contemporains à propos d'une pratique des leurs que je m'apprête à décrire, mais se fait simplement l'écho d'une réflexion de longue date à laquelle je ne trouve pas d'explication cartésienne :
Le bouquet de fleur sur un tronc, le long de la route...
Je ne suis pas quelqu'un d'assidu dans la visite au cimetière pour y fleurir la tombe de proches disparus, j'ai en effet cette chance inouïe de n'avoir perdu que des grands-parents, et de la manière la plus naturelle qui soit ; ceux-ci reposant à plusieurs centaines de kilomètres, mon deuil étant fait et n'étant pas de nature à soliloquer devant du marbre, je me trouve donc tout un tas d'excuses pour rester à domicile le dimanche matin.
Pour autant, célébrer la mémoire d'un défunt en fleurissant sa sépulture me paraît être un acte sain, utile et essentiel pour celui le pratique, ce n'est pas ce que je remets en cause, loin s'en faut.
Ce qui en revanche m'intrigue passablement, c'est le fait non pas de fleurir la tombe du disparu, mais le platane qui l'a renvoyé chez son créateur.
Qu'est ce que ce geste est censé signifier ?
Personnellement, si un con d'arbre est responsable de la mort d'un être cher, je le tronçonne !*
Ca me surprend que des personnes accablées de chagrin par la perte d'un parent ou d'un ami fassent la démarche d'acheter un bouquet de fleurs pour aller en parer l'inerte et robuste végétal « responsable » du trépas ; responsable avec guillemets car en règle générale, ce sont plutôt les automobilistes qui viennent à la rencontre de l'arbre, plus rarement l'inverse (encore que...).
Jadis une connaissance des miennes a décidé, à 25 piges, d'en finir et s'est pendue dans un bois... Sa famille à ma connaissance ne va pas fleurir l'arbre qui lui servi de gibet ; et je trouve cela normal.
Alors quoi ?
Est-ce une mise en garde de ses contemporains, à l'instar des silhouettes noires ? Regardez, cette route est dangereuse, une vie s'est envolée ici même ?
S'agit-il de communier sur le lieu précis où, pour le croyant, l'esprit aurait quitté l'enveloppe charnelle ?
S'agit-il de Coïmetrophobie ?
S'agit-il d'un geste de réconfort visant à faire déculpabiliser le platane ? (attention, prise de risque avec vanne foireuse sur sujet délicat, gros risque de retour de flammes)
Si quelqu'un a un début d'explication... merci.
Folzebuth
*Cette assertion n’est pas exclusive au règne
végétal.

Pets de tiers