Je trouve parfois vain d’essayer d’accepter
Qu’on me dise le contraire face à une vérité,
Ecouter l’argument, mettre de l’eau dans son vin,
Peut être perte de temps et me rendre chagrin.
Obligé au boulot d’œuvrer sur un PC,
Je suis au quotidien constamment agacé,
Des travers et des torts que ce système affiche,
De ses insuffisances, de sa logique en friche.
Travaillant d’arrache-pied sur un diaporama,
Au clavier cliquetant s’affairaient donc mes doigts.
Qu’il est doux le labeur de celui qui maîtrise
L’outil informatique qui chez certains défrise.
Une fois la sauvegarde dûment effectuée
M’apprêtais-je à ôter d’un geste débonnaire
Le support de travail qu’est ma clé USB
Que l’unité centrale avait dans le derrière.
Il en est comme du sexe à l’égard des PC
Et tout geste un peu brusque se doit d’être annoncé
Il n’est point de saillie sans doux préliminaire,
Pas de retrait de clé sans us protocolaire.
De cliquer donc ici pour prévenir la bête,
Que cette mémoire est mienne et qu’il me faut l’extraire
Boutant au préalable l’application sujette
À bloquer la manœuvre sur un coup de colère.
Lassitude profonde et coma du regard
Font de pâle témoin du brasier qui débute,
Et mes premiers mots sont, je le dis sans bobard,
« Putain de con d’ordi » en lieu et place de « Flûte ! »
« Je nique ta carte mère, pisse sur ton processeur »,
Autant d’interjections qui apaisent mon sang,
La bestiole faisant mine d’ignorer mon malheur
Je gratifie en plus d’une taloche sur l’écran.
M’assurant derechef que tout est bien fermé
Que la barre des tâches est vierge de toute appli
Je relance ma requête un peu désespéré
D’obtenir quelque chose mis à part
ceci :
Mais devant le néant, la froideur numérique,
Mon sang ne fait qu’un tour, je me dois dois* de vaincre,
À l’objet je ne suis point trop dans la supplique.
Faisant fi, en rageant, de ce message zélé
Je retirai l’objet sans tambour ni trompette
Avec la peur au ventre et les tripes nouées
Si tu tires sur mon doigt tu verras comme c’est chouette.
Je te vois qui, comme Jacques, sur ton siège chancelle,
Sur la perte de données qui eut pu être subie,
Que de peur que d’effroi l’ai-je donc échappé belle ?
Allez-vous en savoir avec pareille lie.
La morale :
Mon PC est semblable à une prostituée,
Blonde à l’haleine de « brunes » et sapée comme un sac
Qui te promet beaucoup et te laisse affamé
C’est certain aujourd’hui je lui préfère le Mac.
(Vous ne la trouverez pas chez La Fontaine celle-là !!!)
Folzebuth
*Oui, j’ai mis 2 « dois » car il me manquait un pied, et que, pour
autant que je sache, la gente féminine m’a toujours rapporté qu’avec 2 « dois », on prend son pied…
J’ai honte.
Pets de tiers