Vendredi 23 juin 2006
    Encore un sujet qui me consume de l’intérieur, certainement un des plus dantesques, que je rumine depuis des années. Mes doigt frétillent de tension tant la haine débordante sur le propos que je m’apprête à relater est formidable (dans le sens le plus littéral du mot).

Il est une catégorie de gens qui, conscients de l’éminente supériorité qui est la leur sur le commun des citoyens ordinaires, estiment qu’il est de leur devoir de parfaire l’éducation de leurs contemporains dans le registre du savoir-vivre, jugeant du haut de leur magnificence que la politesse élémentaire dans certaines situations quotidiennes fait cruellement défaut.

Il s’agit de ces père-la-vertu qui, ayant gracieusement consenti à laisser traverser sur la signalétique blanche règlementaire un citoyen au pas leste dont un œil est fixé sur l’autre côté de la rue tandis que l’autre œil guette un éventuel véhicule en sens inverse pour qui les clous seraient un concept abstrait, et se croient obligés de lancer depuis la fenêtre baissée de leur automobile vers le piéton distrait un vif rappel des usages et bonnes mœurs en pratique lorsque quelqu’un vous rend un service, faisant ainsi comprendre qu’il sont en attente d’une gratification verbale pour la générosité dont ils viennent de faire preuve.
Formulé différemment : tout ces pisse-tièdes qui te gueulent « merci ! » après t’avoir laissé franchir la rue devant leur bagnole de merde.

Je sens que je m’emporte, je vais boire un café et marcher un peu dehors …


Tout d’abord, il faut avoir une très haute opinion de soi-même pour s’autoriser à faire des remontrances d’ordre comportemental à n’importe quel inconnu dans la rue. Il faut se considérer comme irréprochable et vertueux au possible, sinon on fermerait sa grande gueule.

Tellement prompt a faire la police de la courtoisie, ils en oublient certaines autres règles élémentaires de bienséance et accessoirement un point de détail du code de la route (en 2) développés ci-après :

1/ Agresser ainsi publiquement une personne sur le prétendu manque de politesse dont il a pu faire preuve est un acte violent qui génère agressivité et violence en retour*. C’est un acte délibéré de mise en défaut d’autrui dans le seul et unique but de créer le malaise tout en flattant son propre ego à ses dépends. En cela, l’acte est donc rédhibitoirement peu bienséant, discourtois et mauvais, témoin qu’il est de l’aigreur d’esprit du plouc qui est au volant.
Etrange chose que d’appeler à la politesse quand on manque soi-même de savoir-vivre.

2/ Le passage clouté n’est pas une option folklorique que l’automobiliste choisit de respecter ou non selon son bon-vouloir, c’est un passage sécurisé ou l’arrêt est obligatoire dès lors qu’un piéton fait mine de vouloir l’emprunter !!!
Au nom de quoi faudrait-il saluer systématiquement d’un geste empathique de gratitude reconnaissante n’importe quel clampin qui ne fait que respecter le code de la route en stoppant sa voiture !?!?
Doit-on également les remercier quand ils s’arrêtent au feu rouge et que nous traversons devant eux ?


La France est un charmant pays remplit d’individus aux tempéraments différents, aux qualités diverses et aux défauts multiples, et dans cette dernière catégorie, le syndrome « donneur-de-leçons » a une place de choix dans le classement des travers pénibles, il suffit de compter le nombre de klaxons/moralisateurs et appels de phares/mise-en-garde observables sur un seul déplacement automobile.
Je ne suis pas contre la politesse et la courtoisie entre citoyens, je suis même un de ses fervents adeptes. Je peux même pousser l’antithèse jusqu’à confesser qu’il m’arrive de rouspéter intérieurement quand je laisse traverser quelqu’un qui m’ignore – simplement j’ai trop conscience de mes propres défauts pour me comporter comme un juge et cracher à la gueule leurs défauts aux autres, surtout si je ne les connais pas !

Folzebuth




*J’ai encore en mémoire la dernière expérience de ce type où, accompagné de mes frangins et de ma femme, nous fûmes agressé de la sorte par un automobiliste lambda, lequel en démarrant après nous avoir laissé passer nous jeta au visage en passant à notre niveau un « merci » dénonciateur du manque de politesse dont nous venions de faire preuve à son endroit.
D’un naturel plutôt civilisé et diplomate, évitant les conflits avec autrui pour privilégier le contact humain raisonnable et pondéré, je peux dire que ni moi ni ma fratrie ne sommes de volcaniques soupes au lait ; toujours est-il que dans la seconde suivante fut adressé au véhicule fuyant une salve fournie d’aboiements injurieux de ma part ainsi que du benjamin, le cadet quant à lui choisissant plutôt la voie majeure et silencieuse du doigt tendu vers les nuages.
Il voulait nous enseigner la politesse, il a obtenu exactement le contraire, c’est con pour un enseignant…


PS : un coucou amical à mes lecteurs abonnés à la newsletter qui je l’espère prennent autant de plaisir à lire mes âneries que j’en prends à les écrire.
Salut donc à La Krapaille, Marilalouze, Roger, San DeFez, Chop Suey et Kcnarf (faute de pseudo…)
par Folzebuth publié dans : Colère
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Mercredi 21 juin 2006
J’ai reçu il y a quelques jours, noyé dans un florilège de mails perso racontant diverses blagues, ou véhiculant la légende urbaine du moment, ou me montrant je ne sais quelle horreur ignoble prise en photo ou filmée à l’autre bout du monde, ou me demandant si par hasard je ne serais pas donneur de moelle compatible pour une fillette de 9 mois … j’ai reçu disais-je un test de personnalité… que voici tel quel :

***
Le test du cochon
Surtout on ne triche pas et on fait le test correctement

GENIAL !
Faites ce petit test : c'est rigolo ! !

Prends une feuille blanche et dessine un cochon
Ne descends PAS PLUS LOIN AVANT DE L'AVOIR DESSINE !

NE TRICHE PAS CELA VAUT LE COUP

DESSINE D'ABORD !!!

C'EST BON ? C'EST SÛR ?

Le cochon sert de test de personnalité.

Si tu l'as dessiné :
* Sur la partie supérieure de la feuille : tu es positif et optimiste.
* Plutôt vers le centre : tu es réaliste.
* Vers le bas de la feuille : tu es pessimiste et tu as tendance à avoir un comportement négatif
* S'il regarde vers la gauche : tu crois à la tradition, tu es amical et te rappelles facilement des dates : fêtes
d'anniversaires,...
* S'il regarde vers la droite : tu es innovateur, actif mais tu n'as pas un grand sens de la famille et n'accordes pas d'importance aux dates importantes.
* S'il regarde de face vers toi : tu es direct, tu aimes être l'avocat du diable et tu n'as pas peur d'affronter des discussions.
* Si tu lui as rajouté beaucoup de détails : tu es analytique, patient et méfiant.
* S'il n'a pas beaucoup de détails : tu es émotionnel, ingénu, pas très méthodique et tu prends beaucoup de
risques.
* Si tu lui as dessiné moins de 4 pattes : tu es hésitant ou bien tu es en train de vivre une période de grands changements dans ta vie.
* Si tu lui as dessiné 4 pattes : tu es sûr, obstiné et tu t'accroches à tes idéaux.
* Si tu lui as dessiné plus de 4 pattes : tu es un idiot.
* La taille des oreilles indique ta capacité d'écoute envers les autres : Plus elles sont grandes, mieux c'est.
* La longueur de la queue : indique la qualité de tes relations sexuelles. Encore une fois, plus c'est long, mieux c'est !!!!!!
OK, qui a oublié de dessiner la queue ?????

Non, non, pas possible de refaire le test... Envoie cet e-mail à 11 personnes et tu verras apparaître sur ton écran
une vidéo très sympa. Je ne peux pas te dire de quoi il s'agit mais ce que je peux te dire c'est que tu vas beaucoup rire...
P.S.: si un informaticien peut m'expliquer cette prouesse technique... (non, je ne parle pas de la queue du cochon mais de la vidéo surprise)

***

Je ne suis absolument pas d’accord avec les conclusions comportementales en solde tirées sur la simple appréciation picturale d’un dessin de gros porc ; alors je livre les miennes :


Si tu l'as dessiné :

* Sur la partie supérieure de la feuille : tu aimes bien dessiner en haut des feuilles.

* Plutôt vers le centre : tu aimes bien dessiner au centre des feuilles.

* Vers le bas de la feuille : tu aimes bien dessiner vers le bas des feuilles – ou bien tu aimes dessiner en haut des feuilles et ton cochon est la tête en bas.

* S'il regarde vers la gauche : c’est qu’il se passe un truc sur sa gauche. Rajoute-le que cela rassure ceux qui s’inquiètent de là où le regard du cochon porte.

* S'il regarde vers la droite : pareil, mais à droite.

* S'il regarde vers la droite et vers la gauche : c’est un strabisme.

* S'il regarde de face vers toi : c’est que tu as dessiné un cochon qui fixe les gens, ce qui est très malpoli, je n’arrête pas de le dire à ma gosse !

* Si tu lui as rajouté beaucoup de détails : c’est que tu adores dessiner en général, et des cochons en particulier.

* S'il n'a pas beaucoup de détails : c’est que tu ne sais pas bien dessiner les cochons et que ce test te fait un peu chier, mais bon, tu le fais car c’est un ami qui te l’a envoyé.

* Si tu lui as dessiné moins de 4 pattes : c’est qu’il en manque (ou qu’il est parfaitement de profil ou de face ou de dos), impair graphique devant découler vraisemblablement des conclusions du point précédent.

* Si tu lui as dessiné 4 pattes : tu es plutôt doué en connaissance sur les cochons. Tu dois bosser dans une porcherie, un abattoir ou avec Christophe Dechavanne.

* Si tu lui as dessiné plus de 4 pattes : tu habites sans doute Pripiat, charmante bourgade d’Ukraine, ville étonnement désertée de façon massive en avril 1986, ce qui ne fut pas pour te déplaire car tes voisins étaient des cons…

* La taille des oreilles indique ta capacité d'écoute envers les autres : Plus elles sont grandes, mieux c'est.
…et la taille du groin indique ta capacité à renifler les autres : plus il est gros, mieux tu humes.
Quant à la taille de la langue, j’te dis pas, c’est trop cochon.

* La longueur de la queue : indique la qualité de tes relations sexuelles. Encore une fois, plus c'est long, mieux c'est !!! OK, qui a oublié de dessiner la queue ?????
J’ai laissé cette conclusion telle quelle car elle étincelle brillamment dans le firmament de la connerie moyenne. Après analyse détaillée de la queue du porc, il s’avère que celle-ci est en forme de tire-bouchon. Ce qui me vient à l’esprit, c’est un schéma exact des méthodes d’accouplement de l’auteur de ce test, qui d’un mouvement hélicoïdal sur 360° pénètre sa partenaire allongée sur le dos, puis se retire d’un coup sec en criant « pop ! ».


Au-delà de la gentille nullité d’un test inoffensif de ce type, qui certes ne casse pas 3 pattes à un canard (pas plus qu’à un cochon), je tiens quand même à cracher haineusement sur le vilain procédé qui consiste à inciter au renvoi de ce mail à 11 personnes pour visualiser une soi-disant vidéo sympa, fumisterie et mensonge ne visant qu’à bluffer les juniors de l’informatique et ainsi « forcer » le transfert électronique pour engorger le réseau de façon exponentielle. Lamentable.

Folzebuth


NB : Le porc, dit aussi cochon domestique a pour nom latin ‘Sus domesticus’, ce qui n’a rien à voir malgré d’évidentes similitudes, avec une pipe domestique.
par Folzebuth publié dans : Agacement léger
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Jeudi 15 juin 2006
« Tu manges trop vite ! »

Ainsi fus-je subitement interrompu dans mon activité par mon supérieur hiérarchique à table dans un restaurant, alors que j’engloutissais à proprement parler une pizza chorizo-bœuf spicy* richement arrosée d’huile pimentée, le côté relevé de l’ensemble devant avoir comme regrettable conséquence le lendemain un début d’incendie dans la partie basse de mon rectum, des larmes et la tapisserie des waters griffée.
Je dis engloutir car force est de reconnaître que mon appareil digestif sur son premier tiers - bouche / gosier - fonctionne de manière assez similaire à celui du requin blanc, avec la mentalité d’un chien privé de nourriture depuis plusieurs jours.

« Il faut au moins 20 minutes au cerveau pour signaler à l'estomac qu'il est plein ! » renchérit-il alors que je recommençais à bâfrer de plus belle.
Aussi dus-je suspendre à nouveau cette ripaille pour opiner du chef tout en ajoutant : « Je mange vite mais pas encore assez puisque ça te laisse le temps de m’interrompre… » (le ton de cette remarque fut judicieusement sélectionné pour ne laisser transparaître qu’une gauloiserie rigolarde sans nulle agressivité, compte tenu de mon auditoire).

***

Tout le monde a un avis sur les us et mœurs (bonne ou mauvaises) de tout le monde, notamment en hexagone : « Tu fumes trop - tu manges trop vite - tu ne mets pas ton clignotant ? - et la ceinture ? - c’est pas bien de téléphoner au volant - tu devrais faire du sport - c’est quoi cette musique que tu écoutes ? - t’es pas assez couvert, tu vas avoir froid. »
…et ceci alors qu’aucun lien familial ou conjugal ne te lie nécessairement à ces généreux conseillers gratuits.

Alors pour être tout à fait complet sur ce que je pense de cette remarque sur les fameuses 20 minutes que mon cerveau est supposé mettre pour rencarder mon estomac sur son état...


Il est vrai que l'augmentation du taux de sucre dans le sang déclenche, environ 20 minutes après le début du repas, la sensation de rassasiement. Pour autant, si je termine ma pizza en 15’, vais-en commander une 2ème ?

Certains repas dominicaux de famille où l’on célèbre la communion ou le baptême de tel ou tel chérubin ressemblent à des marathons de la bouffe avec soupe, crudités, volaille, rôti, pommes de terre et cèpes et 6 desserts différents, le tout arrosé de vins parfois forts sympathiques, sur une durée de 2h30. Dois-je m’arrêter aux concombres/betteraves lorsque les 20 minutes sont écoulées depuis la 1ère cuillerée de potage ?


Si l’écoute de son corps est la clef d’une plénitude digestive totale et si répondre de façon positive à chacun des signaux chimiques que notre organisme nous envoie est le maître mot d’un nirvana du bien-être alors…

…sachant qu’il faut 45 secondes environ pour emplir les corps caverneux d’un organe érectile de type pénis, et ainsi provoquer une érection dont la raison d’être naturelle est le coït, les préliminaires ne devraient-ils pas se limiter à cette durée ?

…sachant qu’il faut moins d’1 seconde pour qu’une information gustative avise mon cerveau que le mets que mes hôtes m’ont servi n’est point à mon goût, dois-je dans l’instant cracher dans l’assiette et lécher la nappe pour faire disparaître cette sensation désagréable pour ma langue ?

…sachant enfin que, contrairement à la satiété dont la clarté du message peut pour certains être passablement ténu, l’information nerveuse la plus impérieuse qui soit de la part d’un organisme (ne laissant nulle place au doute et à la négociation) étant celle d’évacuer les matières fécales, ne devrions-nous pas y céder dans l’instant sans pantalon baisser ni toilettes atteindre, donnant ainsi pleine et entière satisfaction à la commande pressante d’un organisme qu’il ne faut surtout pas contrarier…


Le matin quand mon organisme m’indique par des yeux encroutés et des bâillements de brontosaure qu’il n’est pas assez reposé - faisant preuve je vous l’accorde d’une inqualifiable muflerie à l’encontre du radioréveil qui ne fait que son travail – dois-je rester au lit ?

Et quand un cuistre interrompt mon organisme alors que celui-ci s’épanouit dans l’acte de se goinfrer d’une pizza trop épicée, ne devrais-je pas planter ma fourchette dans son cuir chevelu pour mettre un terme à cette nuisance ?


Folzebuth


* de l'anglais Spice-girl : qui irrite même à faible dose.
par Folzebuth publié dans : Agacement léger
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Vendredi 9 juin 2006
La Belle au bois dormant est un conte populaire. Il en existe plusieurs versions, dont les plus célèbres sont celles de Charles Perrault et des frères Grimm.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_belle_au_bois_dormant

Mon dictionnaire encyclopédique en fait un résumé intéressant mais effroyable si on le lit trop vite :
Une jeune princesse plongée dans un sommeil de 100 ans en est tirée par un prince tombé amoureux d’elle.

Le pronom « en » m’a échappé en 1ère lecture ce qui je ne vous le cache pas fit descendre ma mâchoire inférieure de deux bons centimètres, vrilla l’iris gauche de mon œil et fit perler une goutte de sueur froide le long de ma tempe.

Tchaïkovski accoucha d’un ballet sur le thème et Disney un dessin animé de long métrage.

S’ils ont été plusieurs à raconter la même histoire, je ne vais pas me priver d’en pondre une mouture à la mode de chez moi !



Un roi et une reine d’un royaume indéfini et dont on se fout un peu, décident de faire contre mauvaise fortune bon cœur en célébrant solennellement le baptême de leur fille, pestant tout de même en secret de ne point avoir eu de descendance testiculée car je vous rappelle que chez les têtes couronnées, l’hérédité royale passe par le sceptre érectile, les progénitures féminines étant cantonnées très vite à de modestes tâches domestiques telle que la couture, mais nous y reviendrons…
On sort donc le barbeuk, chipolatas, cacahuètes et pastis, les pommes chips et trois ballon de couleurs afin de donner au tableau un petit côté festif, et on invite le gotha des emperruqués, empoudrés, endimanchés de la région, en prenant soin de ne pas inviter la sorcière du coin dont on sait qu’elle a un don pour niquer les ambiances chaleureuses et familiales (l’an dernier elle vomit dans le punch lors de la bar-mitsva de l’ainé, en plus elle sent des pieds et a toujours un balai dans le cul).
C’est alors tout d’un coup que justement puisqu’on en parle que surgit la sorcière et son swiffer dépoussiérant de luxe, avec un air des mauvais jours de type vous-allez-en-chier assez caractéristique, le tout sur fond d’effets pyrotechniques assez chiadés.
« Salut les bourgeois, mugit-elle tandis que frissonne déjà l’épiderme sensible de nos convives face au manque de goût avec lequel elle est vêtue.
- Alors comme ça, on festoie en suisse* et on n’invite pas la voisine ? Pas de punch cette année… ? Bon mettez-moi un Ricard ! »
Tout en prenant l’assemblée à témoin de la goujaterie des hôtes qui l’oublièrent, notre sorcière se mut vers le couffin d’où montaient les vagissements de l’objet des festivités, se pencha, et d’un doigt luisant aux relents d’arachide tout juste ingérées dessina dans les airs de sombres signes cabalistiques laissant présager soit une malédiction sur l’enfant nouveau-né, soit une déception sentimentale pour les Gémeaux, soit la simple envie de se dégourdir le bras.
Hélas trois fois hélas, c’est bien de malédiction dont il s’agit, la vilaine ne laissant pas planer le doute bien longtemps sur ses funestes intentions. Les yeux globuleux tant ils s’exorbitèrent et un rictus carnassier lui déchirant le visage, elle fit face au couple royal et s’exprima en ces termes :
« C’est pas que j’veuille foutre en l’air l’ambiance, mais à 16 ans, votre drôlesse va se faire un piercing au doigt avec un fuseau, qui lui fera ravaler sa chique, vous ferez moins les malins ! »
C’est alors, rebondissement salvateur pour l’émoi dans lequel nous sommes, que l’une des bonnes fées conviées dont le Roi avait eu la brillante idée de proposer le parrainage, fit à son tour des mouvements de passe-passe autour du berceau pour conjurer la mauvais sort ce qui eut trois conséquences :
1/ la peine de mort prononcée par miss sourire fut commuée en peine de sieste à perpèt’ avec une période de sureté de cent ans (bravo la marraine…)

2/ la méchante sorcière s’en fut sans dire au revoir ni merde, ce qui eût au moins le mérite de dé-vicier significativement l’atmosphère chargée de soufre depuis son arrivée.

3/ le Roi se promis que la prochaine fête de famille se ferait en comité restreint afin d’éviter que tout les rebouteux, druides verruqueux, poltergeist et autres cloportes intermittents de la magie noire ne viennent les pourrir, non mais sans blague.

Le Roi en fin s’adressa à la foule qui s’en était retourné aux buffets, déclarant de colère et de rage que plus aucun fuseau ne devait exister en son pays par ordre de Lui, sous peine de mort, ceci afin de protéger sa progéniture de manière anticipée. Ne sachant de quoi il s’agissait exactement et craignant la sentence royale mortelle, la population s’employa dès lors à supprimer certains types de pantalons seyants dont les jambes se rétrécissent vers le bas et se terminent par un sous-pied, gommer les lignes verticales des globes et planisphères, bruler l’outillage de filage et enfin concasser les mollusques répondant à cette appellation.

OOO

Saut dans le temps et nous voilà à l’aube de sa vie de femme. Quinze ans sont écoulés - dont l’historique exhaustif se trouve dans Gala pour ceux que ça intéresse - et notre princesse est à l’aube de sa vie de femme, avec du poil, des seins qui poussent, et des sautes d’humeurs probablement strues (ce calembour épais vous est gracieusement offert par la maison).

Alors qu’elle déambulait mollement dans les couloirs du château, un jour quelconque de novembre, en pestant sur le manque d’ergonomie des protections féminines de l’époque, découvrit-elle au sommet d’un donjon un galetas d’où provenait un son qui lui était alors inconnu. Fille de Roi se sachant tout permis, elle fit irruption dans le réduit sous-toit et considéra l’occupante affairée en ce lieu, une mégère âgée et sourde comme un pot, qui de fait ignorait la consigne royale au sujet de l’outil à tisser promulguée une décennie et demie auparavant, faute de l’avoir entendue.
Ne pouvant réfréner un besoin compulsif de tripoter la paire de quenouilles malencontreusement exhibée, la princesse dans un mouvement leste se piqua au fuseau malicieux qui dépassait par là (vous me direz, je ne vois pas en quoi un fuseau peut être qualifié de « malicieux », je vous répondrais que ça a le mérite de dédramatiser un peu la tension narrative passablement insoutenable à ce stade du récit et arrêtez de m’interrompre !).

Exaspéré, le Roi qui eut vent de la nouvelle fit compresser la mégère dans la casse auto de Nino-la-fistule (sur la départementale 4 en sortant du fief), puis fit prestement mander la fée à l’origine du sommeil « réparateur ». Cette dernière consciente du fait qu’une princesse émergeant d’une sieste d’un siècle dans un château vide de ses occupants allait se faire correctement chier, décida d’endormir tout le monde pour la peine. Elle fit donc le tour de la propriété pour "toucher" tout le monde, lesquels au contact délicat de la main féérique s’affaissèrent sur eux-mêmes et dans les bras de Morphée ; seul un page occupé à déféquer derrière une tapisserie rouspéta à son réveil d’avoir été endormi de force sur ses propres matières.
Ainsi fut fait par la fée fabuleuse, puis elle quitta les murs tout en ceignant le domaine du châtelain d’un épais maquis de ronciers vivaces.

OOO

Saut dans le temps (c’est une saga…!) et nous voilà, un siècle plus tard, en présence d’un élégant chevalier tout de collant chaussé, qui intrigué par ce château sans vie apparente, s’équipe hardiment d’un puissant désherbant afin de préserver l’intégrité dudit collant en progressant vers le pont-Lévy (de l’ingénieur Israélite ayant le brevet du concept).
Sans trop chercher en dépit des 452 salles, chambres, cellules, cuisines, réduits et galetas que compte la bâtisse, il pénètre dans la chambre de la princesse endormie. Faisant preuve alors d’une goujaterie inqualifiable, il décide de bécoter la pucelle en profitant du fait qu’elle en écrase comme un loir.
Or il se trouve que ce malotru a une haleine de dromadaire à cause d’une dent creuse mal soignée dans laquelle stagne en permanence les microreliefs de ses 2 derniers repas. Incommodée par l’odeur, la belle se réveille avec une fraicheur que je vous laisse imaginer, compte tenu des heures de végétatisme qu’elle a au compteur.
Comme elle est ni farouche ni bégueule, elle s’entiche de l’hurluberlu narcophile en lui conseillant tout de même pour la pérennité du couple l’usage intensif de tic-tac mentholés, et des visites chez le dentiste plus que soutenues.

Ils s’en furent alors vers leur destin fait de « vécurent heureux », traversant le château en plein éveil où les gardes, gouvernantes, filles d'honneur, femmes de chambre, officiers, maîtres d'hôtel, marmitons, et autres valets de pied émergeaient eux aussi de leur catalepsie, ainsi qu’un petit page au derrière crotté.

Folzebuth



*La croyance urbaine, dont on sait qu’elle est rarement dans le vrai, croit candidement que l’expression décrivant l’acte de se sustenter seul dans son coin se dit – manger en juif – ce qui, au-delà d’être complètement faux, rajoute une couche d’opprobre regrettable à cette sympathique communauté qui n’en demandait pas tant. Non pas qu’une animosité particulière me meuve à l’égard des gentils helvètes spécialistes en vaches violettes, bonbons aux saveurs des plantes et établissements bancaires divers, simplement je souhaitais remettre les choses à leur place.
Mais bon, allez expliquer ça à ceux qui sont persuadés qu’on trouve du beurre en branche, et que les vaches espagnoles parleraient mal la langue de Molière…



par Folzebuth publié dans : N'importe quoi !
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Vesse fugace

A tous ceux qui échouent ici suite à une requête Google comprenant les mots « femme à poil », « Laetitia Boudou/Hallyday nue » ou encore « Grosse femme nue fait caca », le tenancier de ce blog vous informe qu’il est peu probable que vous trouviez une quelconque satisfaction à la lecture des écrits contenus ci-dessous. Vous pouvez donc passer votre chemin avec au cœur mon souhait que vous puissez trouver votre Graal (nu donc) sans trop de peine.

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