Mardi 30 mai 2006

…ou comment je refrène de violentes pulsions visant à jerricaner* la gueule d’un auditoire peu enclin à admettre qu’il a tord !

Laisse moi te conter, cher naviguant électronique, la geste d’un chevalier des temps actuels, sans doute un peu trop fier mais d’âme juste et généreuse, confronté à des maux qui ne sauraient être pourfendus par des moyens conventionnels.


Un chevalier modeste sans monture ni épée,
A diverses tâches et autres labeurs vaquait.
Aimant la polémique, les discours opposés,
D’aucuns eût pu dire qu’il aimait converser.

Au détour de nulle part un jour morne et sans sel,
Trouva-t-il affairés en plein sur son chemin,
Quatre hirsutes à l’œil torve et à l’haleine de fiel,
Dont l’objet des débats semblait être sans fin.

Que de sages discours semblez-vous échanger,
Et quelle joie serait mienne que d’y participer !
Adressa tout de go le héros aux marauds,
Tout en briquant sa verve et réchauffant ses mots.

Dans le cœur du sujet d’emblée il s’immergea,
Parlant sans retenue de l’avis qu’est le sien,
Le vocable pointu provoquant l’air beat,
D’une audience renfrognée devenue aigre enfin.

Une parole aiguisée fit vibrer l’auditoire ;
Ce dernier agacé d’avoir perdu la main,
Dénigra le propos sur un ton péremptoire,
De sarcasme teinté et d’humour peu malin.

Face à la raillerie dans un débat bonhomme
Ne sachant désormais à quel saint se vouer,
Alors bien solitaire et passant pour une pomme,
L’agression fut lancée sur pareils foutriquets.

Que vous pèle le cul et que l’herpès vous guette !
S’écria l’homme blessé à l’endroit du quartette,
Seul qu’il fut, dans le vrai, face aux ricanements,
Il ne put que jurer car à cours d’arguments.

Quand la foi est mauvaise, désarmé est le juste
Sans avoir à rougir car il demeure auguste,
Retournant d’où il vient, vers un soleil couchant,
Laissant là dans l’erreur les vils et les méchants.


La morale (car je ne me suis pas fait chier à tout taper en Alexandrins pour finir sans !!!) :

C’est au nombre de dicter ce qui est véritable,
Dans le vrai le « tout seul » a toujours l’air d’un zouave.

Folzebuth

*oui, je sais, ce mot n’existe pas. Mais il a le mérite de bien imager mon propos, vous en conviendrez.

par Folzebuth publié dans : Colère
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Jeudi 18 mai 2006
    On aime bien « Les journées de… » en France, du moins j’ai l’impression.
Je ne sais pas à quoi ça tiens au juste. Parce que bon, en cherchant, je suis sûr qu’on doit arriver à trouver des origines pour chacune de ces journées dédiées… mais pourquoi a-t-on ce besoin compulsif de célébrer, de manière fade et mollassonne qui plus est, 1 fois dans l’année, soit une abstinence, soit un sexe, un art, ou encore un comportement… ?
Toi qui me lit, connecté que tu es sur la toile, saisis « La journée de » dans un moteur de recherche internet, le résultat est amusant.
20 mars – journée de la Francophonie
8 mars – journée de la Femme
22 mars – journée mondiale de l’eau
Notez d’ores et déjà que le mois de mars est manifestement propice aux « journées de… » (et je ne triche pas, je cite les journées dans l’ordre où elles me sont apparues sur google). Je continue :
16 novembre - Journée internationale pour la tolérance
26 avril – journée nationale du fromage
23 avril – journée mondial du livre et du droit d’auteur
Journée mondiale de l’environnement, de l’alimentation, de la courtoisie au volant, journée sans tabac, sans viande (20 mars, comme la Francophonie… !!!), journée sans achat, journée sans ma voiture, journée sans téléphone mobile… Je ne vais pas toutes les citer, ce serait longuet et vous croiriez que j’en invente.
Il y a 365 journées dans une année, c’est à se demander s’il y en a assez pour toutes les célébrations nationales, internationales, mondiales ou interplanétaires que nous aimerions placer.
Et pour quelle finalité ? c’est ce qui m’intrigue le plus…
En 13 ans de tabagisme (fumeuses années derrière moi désormais), je n’ai jamais vu un fumeur de mon entourage délaisser la cigarette 24 heures durant, sous prétexte que c’est la journée sans.
Et la journée du civisme en bagnole, à quoi ça sert, si ce n’est à nous rappeler que 100% des citoyens « normaux » deviennent des gros cons une fois au volant. On n’avait pas besoin d’une journée pour le savoir, c’est notoire.
Ce qui m’échappe, c’est que ça sonne comme « ni fait ni à faire » cette affaire là. On y pense 1 jour, car ils en parlent à la radio, à la télé ; c’est pour mieux oublier demain.
On fait, ou on ne fait pas. On milite, on agit ou on s’intéresse à autre chose… mais dédier une journée, je ne comprends pas.

Et les femmes… la journée de la femme.
Là encore, je ne pige pas. Je trouve déjà désolant de considérer que la cause des femmes pèse dans le calendrier des causes le même poids qu’une abstinence de nicotine ou la glorification du camembert. En ce qui me concerne, c’est toute l’année la journée de ma femme, je n’ai pas besoin qu’on vienne m’expliquer comment il faut que je pense à elle (à ce sujet, la St Valentin me gonfle pas mal), et c’est largement réciproque d’ailleurs.
Alors vous allez me dire : « Mais Folzebuth, ça ne concerne pas ta femme spécifiquement, bougre de con, mais les femmes, celles qui sont battues, opprimées, violées, voilées contre leur gré. »  Ben ça doit lui faire une belle jambe, la journée de la femme, au gros con qui cogne la sienne de femme.
Et ça résume assez bien le fond de ma pensée ; ce type de « journée de… » n’interpelle que ceux qui sont déjà sensibilisé à… Ceux qui méprisent l’objet de ladite journée avant qu’elle n’ait lieu, ben ce sera pareil pendant et après. C’est de l’hypocrisie (d’hypo- signifiant en grec « sous », et -crisie vient de Cris : peuple amérindien établi principalement dans la région administrative du Nord Québec. Il est d’ailleurs fréquent d’entendre : « Monsieur le ministre, avec de tels propos, vous êtes un peu démago et sous l’indien du Québec ! »).



Ne comprenant pas la finalité de toutes ces journées célébrées, je n’ai toutefois pas souhaité demeurer en reste…
Ainsi ai-je désormais décidé de célébrer la journée de mon cul. C’est une journée pendant laquelle sera célébré dignement ce sphincter musculaire qui en chie toute l’année, sans se plaindre en aucune manière, et qui en voit passer de toutes les couleurs avec une abnégation qui force le respect.
Ce jour là sera donc un jour de repos où celui-ci ne sera pas sollicité, inaugurant par là même « la journée sans caca » (sauf épisode de gastro-entérite foudroyante auquel cas la journée serait reportée d’une semaine, avec l’aval du comité scato-central que je représente).
Des attentions particulières pourront lui être adressées, telles que l’application de talc grenat (pour le côté festif) ou d’une pommade apaisant les épisodes hémorroïdaires aigus. Et d’une manière générale, invitation sera lancé à mes contemporains de marquer cette date comme un évènement majeur du calendrier, tant la considération de ce muscle annulaire, le mien comme le leur, ne saurait être mise à l’index !

Folzebuth
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Vendredi 12 mai 2006

Mars, Vénus… vox populi me rabâche depuis quelques années, hommes et femmes ne viendraient pas de la même planète, façon imagée de souligner de façon charmante et céleste les différences de comportements flagrantes entre les 2 sexes. Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en question une telle affirmation tant elle brille de par son évidence dans le quotidien parfois houleux des relations mixtes, qu’elles soient amicales, professionnelles ou plus si affinités.

 

L’objet de cette chronique n’est donc pas de nager à contre-courant dans les flots tumultueux de la psychologie des relations  entre elle et lui, mais plus de souligner d’un exemple récurrent mon incompréhension totale à l’égard de ces filles ou jeunes femmes qui m’entourent. J’insiste en premier lieu sur le caractère régulier marquant la fréquence avec laquelle cette observation fut faite. Le comportement de groupe que je m’apprête à relater ne fut pas observé 1 fois au cours de mon existence, mais bien à 5 ou 6 reprises à intervalles réguliers. C’est d’ailleurs la régularité avec laquelle ces faits survinrent, la dernière en date s’étant déroulée il y a quelques semaines à peine, qui m’amène à rédiger cette chronique colérique et dépitée.

 

Expérience :

Vous choisissez un individu de sexe masculin, d’apparence raisonnablement banale, ni beau comme un Dieu, ni laid comme un pou poisseux. Juste un gars, un de ceux avec qui on bosse, qu’on croise dans la rue sans se retourner, un de ces figurants de plateau télé, ou d’arrière plan flou cinématographique, là pour remplir l’image.

Important pour l’expérience, si le sujet masculin est facile à trouver, de par l’insipidité physique qui le caractérise, il est important qu’il soit seul dans sa catégorie d’homo sapiens à scrotum, 2 tout au plus, afin qu’un ratio sexuel déséquilibré marque le début de notre test.

Vous plongez ensuite notre sujet dans un volume nettement supérieur en nombre d’individus de sexe carrément opposé, et d’approximativement la même tranche d’âge. Selon le degré de puberté/sénilité des cobayes choisis, et la nature des relations qu’ils entretiennent, la boîte de Petri* de cette expérience pourra être soit un restaurant, soit une cour de lycée, soit un amphithéâtre de faculté, soit les 4 mètres carrés de lino revêtant le sol d’une salle de pause-café.

Laissez alors infuser les conversations allant bon train sur l’indice de fiabilité des prévisions météorologiques du WE à venir, les dents longues de l’homme politique dont la cote de satisfaction populaire dégringole, ou encore la médiocre qualité du film passé la veille (faut dire qu’il était commercial, qu’y avait pas de scénar’ et que les requins étaient tout petit !!!).  Faire preuve de patience car sur la gamme de sujets abordés, celui qui nous intéresse peut très bien ne pas faire surface à chaque fois. Un stimulus peut éventuellement précipiter le phénomène mais nous vicierions de facto la crédibilité de nos conclusions.

Avec un peu de chance alors, l’effet escompté se produit. Alors que notre sujet masculin est muet comme un rouget (parce bon, je ne vois pas en quoi la carpe serait plus muette que n’importe quel autre poisson…) et se contente d’absorber auditivement les bavardages plus ou moins intéressants auxquels il assiste, une des actrices de l’échange verbal en cours va alors faussement solliciter le ressenti de ses interlocutrices sur la proportion d’individus de sexe masculin, dans l’environnement immédiat du cercle qui les concerne (amphi, département de l’entreprise, voire entreprise au sens large, classe, asso diverses…), individus répondant au brillant et sophistiqué qualificatif de « pas mal »,  et de l’émoi que ces heureux veinards susciteraient le cas échéant. En gros, elle demande aux autres ce qu’elles pensent des mecs qu’elles côtoient au quotidien.

Ce qui ce produit dès lors est fascinant à observer d’un point de vue strictement sociologique et comportemental ; la réaction est prompte et unanime parmi l’auditoire questionné, et la réponse tombe telle la feuille d’acier sur la nuque bien dégagée du condamné à l’étêtage :

« Des mecs bien…? …j’ai beau chercher, franchement j’en vois pas ! ».

 

Impeccable ! Maintenant que notre expérience a donné ce résultat grandement escompté, il ne nous reste plus qu’à analyser la donnée principale obtenue, qui est je vous le rappelle – des mecs, dans le cercle immédiat, y en a pas un de bien – donnée mise en corrélation avec les éléments de départ, à savoir un ensemble largement non homogène d’individus de sexes différents, sur la base d’une paire de bourses pour six à huit paires de seins. 2 conclusions sautent alors aux yeux :

 

La 1ère souligne un type d’attitude intéressant à observer, où le sujet de sexe féminin fuit farouchement toute forme d’harmonie sur les avis positifs qu’elle pourrait avoir en commun avec ses interlocutrices, déniant de façon absolue qu’un seul individu mâle puisse éventuellement lui seoir. Ainsi fait, ses véritables goûts restent préservés de la critique aigre-douce dont ils eussent pu faire l’objet si sa réponse eût été authentique. Au contraire, n’épanchant point mièvrement ses sentiments affectifs, elle demeure énigmatique dans le cercle, un soupçon rebelle et considérée comme délicate dans ses choix.

 

La 2ème conclusion est que l’individu de sexe masculin pris dans la tourmente d’un sujet de conversation féminin qu’il ne maîtrise plus, devient, de par la minorité qu’il représente à cet instant, totalement translucide et sub-existant.

Il appartient à la reluisante catégorie des « mecs » gentiment évoquée, il le sait, il en est sûr.

Malgré cela, aucun cas n’est fait de l’éventuelle sensibilité ou susceptibilité pouvant être propres à notre sujet pomme d’Adam, puisque de toute façon, il n’est plus là ! C’est donc le verbe léger et la langue agile que les miss vont pulvériser sans s’en rendre compte, le peu d’amour propre dont ce fébrile malheureux dispose.

 

 

Lorsque ce tableau se présenta à moi la dernière fois, il y a quelques semaines disais-je au début de cette chronique, je ne pus m’empêcher de faire part de ma 2ème conclusion aux jeunes femmes attablées en ma compagnie, sur un ton qui je dois l’admettre laissait transparaître un agacement volcanique évident. La plus gentille comprenant alors l’impair, bredouilla, pour rattraper le coup, un : « enfin, on veut dire que…   …sur les mecs dispo, il n’y en a pas un de bien… tu vois ? ».

Me voilà rassuré ! En fait, je suis super canon comme type, simplement je suis en couple, donc hors sujet… malhonnêteté, quand tu nous inspires…

 

Si le côté caricatural et cruel de cette séquence de vie ne te saute toujours pas aux yeux gentil lecteur, je te propose de faire la même expérience en inversant les proportions de départ. 6 ou 8 types qui, en présence d’une amie ou d’une collaboratrice, déclarent tout de go que pas une des femmes qui les entourent ne sont désirables. Je te laisse imaginer l’humeur guillerette de la demoiselle après ces révélations ; et que pensera-t-on des mecs dans ce schéma ? Que ce sont des gros cons de mufles sans tact ni éducation. Et on aura raison.

 

Folzebuth

 

*A celles & ceux qui l’ignorent, la boîte de Petri n’est nullement une discothèque underground branchée techno-italienne, mais une boîte cylindrique peu profonde, en verre ou en plastique munie d'un couvercle, la plupart du temps remplie d'un liquide nutritionnel permettant le développement de micro-organisme en culture étudiés en biologie (merci Wikipedia).

par Folzebuth publié dans : Constat dépité
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Dimanche 7 mai 2006
Il est assez intéressant d’observer et écouter ses contemporains parler, au sortir d’une salle obscure, sur un forum internet traitant du 7ème art comme il en existe de nombreux, ou tout simplement devant la machine à café du boulot en attendant patiemment son tour, et recueillir ainsi les avis et sentences absolues prononcées à l’encontre du dernier film qu’ils sont allés voir la veille…

Toi, tu souhaites savoir si un film est bon afin de déterminer s’il vaut la peine d’être vu au prix d’une place de cinéma qui n’a de cesse d’augmenter, ou s’il supportera bien d’être, 2 ou 3 ans après, vu morcelé par les lamentables et turpides coupures publicitaires de chaines télévisuelles pompes à purin.
Ou alors tu as déjà vu le film et tu souhaites partager tes impressions, ton analyse, ton regard sur cette toile et cherche désespérément une âme avec qui échanger sur le fond et la forme, le film est-il bon ou pas, l’ais-je aimé ou pas et pourquoi ?

Après avoir longuement observé mes contemporains, un premier constat s’impose :
Dans l’immense majorité des cas, un joyeux amalgame est fait entre le jugement porté sur la qualité du film et l’appréciation personnelle de son contenu : en clair, « j’ai pas aimé, le film est donc mauvais ».

Deuxième constat : le métier de scénariste est un des boulots les plus ingrats du monde. En effet, l’éclairage, la photo, les décors, les costumes, la bande-son – vulgum pecus s’en moque, passe au travers. Mais le scénario, il a forcément un avis dessus, et si le film ne lui a pas plus, la ritournelle implacable se fait alors entendre : « Pfô ce film, y’a pas de scénar… ». Et crois-moi sur parole gentil lecteur, si j’eus perçu 10 balles à chaque fois que j’ouïs cette réplique, j’aurais Bill Gates comme concierge.
Je l’ai entendu sur toute une gamme de film, de Titanic à Jurassic Park, Ong Bak, Les Visiteurs, Dardevil, Star Wars, autant de films tous différents, certains excellents, d’autres catastrophique, mais si on en croit vulgum pecus, tous dénués de toute trace scénaristique. Et entre nous, dire à propos d’Ong Bak que le scénario est pauvre voire inexistant est à peu près aussi crétin que rouspéter sur le manque de place pour un fauteuil bébé à l’arrière d’un coupé sport !

Troisième constat : une partie de la population française est convaincue qu’elle est la digne héritière d’un mode de pensée élitiste qui implique et consiste presque exclusivement à déféquer sur ce que la majorité de ses compatriotes apprécie.
J’en veux pour preuve que le mot « commercial » a une connotation péjorative incontestable de nos jours, quand celui-ci fait suite à « Roman » ou « Film ». Parce que si c’est commercial, c’est que cela se vend bien, si cela se vend bien, c’est que ça plaît au plus grand nombre, et si cela plaît au plus grand nombre, c’est forcément de la merde en sachet.
Ce raisonnement poussée à l’extrême à conduit un minable Rédac’ chef des inrockuptibles, ou un imbécile de journaliste de Libé, à déposer une bouse dans Libération au sujet du film de Jean-Pierre Jeunet, le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, n’hésitant pas à taxer le film de fascisant et LePéniste. Et tout cela pourquoi ? Vendre son torchon merdeux en faisant croire qu’une pensée est intelligente dès qu’elle en opposition de façon outrancière au courant d’intérêt populaire, et couchée sur le papier avec 3 mots de français correct et des références à n’en plus finir à Philippe Delerm ou  encore Marcel Aymé.
Pauvre médiocre…

Quatrième constat : les arguments servant à classer implacablement un film dans la rubrique des mauvais le sont souvent eux-mêmes.
« Open Water, c’est nul, les requins y sont tout p’tits… », dixit un animateur radio
(ancien de Canal+, la prétendue chaine du cinéma…) pour amuser la galerie. Bien sûr que sa remarque n’était pas faite dans le cadre d’une critique de film construite  et vendue comme telle ; elle n’est que le témoignage flagrant de la spontanéité avec laquelle vulgum pecus peut dire n’importe quoi pour justifier son point de vue sur un film qu’il n’a pas aimé (et je vous renvoie au 1er constat).
« Le Seigneur des Anneaux, c’est nul : à un moment donné le type il court, il s’arrête devant un coucher de soleil et il dit (…) ». Voilà comment une collaboratrice, charmante au demeurant, démolit un film de 9h : sur une séquence de 20 secondes et une réplique. Ca doit donner envie aux réalisateurs / acteurs / scénaristes / compositeurs / producteurs / cadreurs / illustrateurs / cascadeurs de se casser le cul à plancher pendant des mois.
(tout commentaire désobligeant à l’égard du Seigneur des Anneaux sera purement et simplement bouté hors du blog par l’administrateur dictatorial que je suis – c’est mon blog, je fais ce que je veux.)

Cinquième constat : des avis sont souvent placidement apposés par vulgum pecus sur la performance d’acteur/trice du 1er rôle affiché dans le dernier long métrage devant lequel il a baillé. En creusant un peu, on se rend vite compte que ce jugement « professionnel » sur l’aptitude du comédien à endosser le rôle, est rendu alors que le film fut diffusé en version française…
(Logique vu que 95% de la télé française sans péage (je me refuse à dire gratuite) diffuse les films en VF, et que cette même proportion s’applique aux salles de cinéma - en province du moins).
P. Chan-wook
S. Spielberg
P. Almodóvar
W. Allen
M. Haneke
Qu’on m’explique comment la qualité de jeu d’un interprète Coréen, Californien, Madrilène, New Yorkais ou Autrichien peut-elle être évaluée correctement quand un type à l’accent rive droite de Seine parle sur ses mots, en essayant tant bien que mal de faire coller des blagues intraduisibles de la langue d’origine sur des lèvres qui ne sont pas les siennes… et avec une voix qui ne ressemble en rien à celle d’origine…

Aux fans inconditionnels de la VF, j’ajoute que lorsque messieurs Patrick Poivey, Jacques Franz et Richard Darbois passeront l’arme à gauche (ce que je leur souhaite le plus tard possible), il faudra qu’ils s’habituent à de toutes nouvelles voix pour la liste d’acteurs suivants :
Tom Cruise, Daniel Day Lewis, Don Johnson, Spike Lee, Mickey Rourke, Bruce Willis, pour l’un…
Georges Clooney, Richard Gere, Danny Glover, Jeff Goldblum, Val Kilmer, Bill Murray, Liam Neeson, Kurt Russel, William Shatner, Sylvester Stallone, Patrick Swayze, Dan Akroyd, Tom Berenger, Jeff Bridges, Harrison Ford, pour un autre…
…et Robert De Niro, Mel Gibson, John Goodman, Steve Martin, Nick Nolte, Tom Berenger (encore!!!), Jeff Bridges (re-encore…), et Gary Busey pour le troisième…
C’est du délire ; 3 comédiens doubleurs, 27 comédiens doublés… sans parler de l’incompatibilité de voix si 2 comédiens doublés par le même doubleur se retrouvent dans le même film… bref…

Un dernier constat pour la route, et non le moindre ; l’avis implacable du spécialiste : si le film traite d’une époque particulière, d’une discipline, d’un sport, d’un art ou d’un quelconque sujet bien spécifique, on trouve toujours LE spécialiste, LE passionné qui voit enfin l’occasion d’étinceler grâce à sa passion de toujours et va dénigrer le film non sur ses attributs intrinsèques d’œuvre cinématographique, mais sur la base d’allégations pointues dans son domaine de prédilection que le film maltraiterait, ce que personne en dehors de lui ne peut vérifier. Il va donc sur des points de détails, contester la fidélité historique d’un péplum, vilipender sur la posture d’un pianiste, ou se gausser simplement sur les aptitudes super-physiques d’un super héros, simplement parce qu’il est un amateur du genre, qu’il l’était avant les autres et qu’il veut que ça se sache. On rejoint en cela la notion d’élitisme évoquée en 3ème constat.


```

On résume : tu veux briller en société en abordant le sujet 7ème art, ou simplement impressionner Monique à la Cafèt’ de l’entreprise ? Déclame sans hésiter et sur un ton laissant supposer une assurance féroce teintée de dédain, que seul les érudits condescendants et quelques félins cannibales ont :
« Y’a pas de scénario dans ce film, c’est commercial, c’était nul, je n’ai vraiment pas aimé. Et en plus les requins sont tout petits ! »
(Attention toutefois, la remarque sur les requins ne fonctionne pas pour tous les films).
 Avec un verbiage tel, tu critiques n’importe quel film, de toute façon, soit ton interlocuteur n’a pas vu le film et ne te contredira pas, soit il l’a vu et a aimé, et fermera son museau de peur de passer pour un niais-qui-aime-les-films-commerciaux (tout juste osera-t-il murmurer un timide :
« heu, en fait j’ai bien aimé moi… »), soit il pompe que dalle à ce que tu racontes et hochera de la caboche tout en pensant à sa liste de courses à faire.

Folzebuth


par Folzebuth publié dans : Agacement léger
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Vesse fugace

A tous ceux qui échouent ici suite à une requête Google comprenant les mots « femme à poil », « Laetitia Boudou/Hallyday nue » ou encore « Grosse femme nue fait caca », le tenancier de ce blog vous informe qu’il est peu probable que vous trouviez une quelconque satisfaction à la lecture des écrits contenus ci-dessous. Vous pouvez donc passer votre chemin avec au cœur mon souhait que vous puissez trouver votre Graal (nu donc) sans trop de peine.

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