Il y a quelques temps (presque 2 ans putain…) me détendis-je en critiquant vertement l’esprit de plus en plus mal tourné des publicitaires qui, contraints par nos mœurs de plus en plus accoutumés aux sollicitations érotiques visuelles en tout genre – le porno chic ayant gagné les pages pub de la majeure partie des magazines hebdo à l’exception du Pèlerin – se voyaient contraint de faire dans la surenchère, et de nous vendre du shampoing sur fond d’orgasme féminin…
Un travers supplémentaire tout autant rédhibitoire à mon goût vient de me sauter à la gueule, que j’ai fort grande, pour ensuite me rester en travers de la gorge, m’ulcérer l’estomac et enfin me faire globalement chier. Sur le travers en question, pour tout dire, rien que nous ne savions pas déjà, toi, mon lecteur avisé qui dans ces pages de blog brillant vient éclairer ton âme à la lueur de mon courroux incandescent, comme moi.
Mais cet article comme ce blog dans son ensemble n’a point (et n’a jamais eu) vocation à lever des lièvres, mais plus à les dégommer quand ceux-ci viennent vaquer, niquer et déféquer dans mon jardin.
Donc, purge.
Vous êtes trop payés les gars !
Je ne sais pas combien vous gagnez, mais c’est beaucoup trop, s’il on en juge par l’originalité, la puissance créatrice, les orgasmes de muses que vous livrez moyennant rémunération et sur commande.
D’où me vient cette ire qui bouillonne en moi et me remonte les gros mots les plus sales dans l’arrière-gorge ? Simplement du fait que votre manque de talent, ayant pour conséquence une incapacité à produire autre chose que de la copie mal avisée, et pour corollaire une perversion d’œuvre d’art, et une salissure indélébile sur le talent, authentique celui-là.
Je m’explique…
Tu prends un morceaux de musique tel que Little Green Bag, de Georges Baker. Press play (avec un casque, c'est encore meilleur.
Avant 1992, personne ne savait de quoi ni de qui il s’agissait, le morceau enregistré en 1969 faisant partie du patrimoine musical US non exporté.
Ce qui m’emmerde, c’est que demain, lorsque tu demanderas à un gosse né en 2000 à quoi lui fait penser cette musique, il va te répondre la pub Mennen !
Et qui a contribué à donner une saveur particulière à ce titre au début du XXème siècle ? Quentin Tarantino, dans un bijou de péloche nommé Reservoir Dogs. dont ce petit merdeux fan de déo ignorera l’existence.
Ce qui m’a mis la puce à l’oreille est la pub pour la dernière Twingo à la con (« à la con » parce que je suis énervé). On y voit la dernière tire de chez Renault sur un pseudo circuit gadget, s’essayer à toute les virevoltes et autres cascades improbables sur un fond musical dont les références sont les suivantes :
Chick Habit, (c’est le titre), interprété par April March en 1994, reprenant un titre de Gainsbourg, « Laisse tomber les filles » initialement interprété par France Gall en 1964.
Et pourquoi nos publicitaires top tendance exhument-ils un tel ouvrage ?
Tout simplement parce qu’un certain Tarantino l’a fait l’an passé dans son dernier long-métrage, « Death Proof » (Boulevard de la mort), issu du diptyque Grindhouse.
Et quand je ferai découvrir ce morceaux de choix qu’est ce film à mes gosses, je n’ai pas envie qu’ils aient l’esprit pollué par des flashs de pub Twingo merdeuse en cours de projection.
Tu crois que je fais une éruption cutanée pour 2 titres ? Je continue…
Regarde la dernière pub Lancia avec comme VRP VIP le porte-manteau du président de la république.
On y voit ce coton-tige aux pommettes saillantes monter des marches de type Cannoises pour se retourner en embrassant du regard ce qui est censé être sa caisse, la dernière Lancia Musa (le côté grotesque ne vous aura d’ailleurs pas échappé ; si Carla Bruni roule en Lancia Musa, Zidane roule en Logan et moi en Aston Martin… faut-il absolument qu’ils nous prennent pour des cons).
Qu’avons-nous, sur cette brillante mise en scène digne de la scène de l’escalier des Incorruptibles de De Palma, en guise de fond musical ?
Bang Bang (My Baby Shot Me Down), interprété par Nancy Sinatra, morceau enregistré en 1966. Cette version était assez peu connue, et précédemment interprétée par Cher.
Et d’où vient la subite envie de nos publicitaires d’utiliser une tel morceau ?
Ben pas grand chose, si ce n’est sa précédente utilisation en 2003, dans l’ouverture du monumental opus n°1 de Kill Bill, de… ?
Bravo, vous avez deviné, de Quentin Tarantino (si vous avez trouvé, vous avez une reconversion tout à fait envisageable en agence publicitaire. Si vous n’aviez pas trouvé, ne désespérez pas et poursuivez la lecture de cet article).
Tiens, petit jeu :
Tu écoute ce morceaux et tu dois deviner de quelle pub il s’agit…
Si tu ne trouves pas, reçois ce témoignage de ma plus grande considération, ton cerveau arrive à faire le tri sélectif et supprime toute la merde publicitaire que les médias y déverse.
Si comme moi (en préparant cet article) tu arrives à te souvenir du produit vendu dans la pub on l’on entend ce siffloti, sache que tu es maudit mais exorcisable.
Il s’agissait de la pub pour le Renault Scénic, dont je vous épargne la mise en scène sans intérêt. Le morceau s’appelle Twisted Nerve, de Bernard Hermann et date de 1968.
Il fut récemment entendu dans la bouche d’Elle Driver, interprétée par la palindromique Darryl Hannah, déguisée en infirmière assassine dans Kill Bill Vol.1.
Si tu ne sais pas qui a réalisé Kill Bill, c’est que tu lis cet article en diagonale et tu m’énerves.
Pour finir avec un dernier exemple ; un moyen simple de distinguer deux classes d’individus est de leur faire écouter le morceau suivant :
...qui se nomme Battle without honor or humanity, composé par Tomoyasu Hotei (ce qui est une précision somme toute assez inutile).
Tu devrais rapidement avoir deux écoles tapant du poing sur leurs buzzers à quiz :
Ceux qui hurlent « Téléfoot, c’est le générique de téléfoot !!! » et ceux qui ont reconnu le morceau n°9 de la BO de Kill Bill, rythmant l’arrivée de O-Ren -Cottonmouth- Ishii dans son repaire, le House of Blue Leaves.
A ceux qui ont mugit le truc du foot, je ne dirais magnanimement qu’une chose : « Va, je ne te hais point, tu n’es pas responsable… ».
Aux autres, bravo, tu es officiellement dans mes petits papiers…
Si tu n’as pas su quoi répondre (ni téléfoot, ni Kill Bill) tu dois sans doute être ma mère.
J’en oublie certainement, et je ne parle QUE de Tarantino !
Célèbre depuis une quinzaine d’années, le panier d’œuvres musicales que ce génie du 7ème art a su collecter, par le simple fait de sa propre culture musicale des sixties, est proprement pillé par une horde d’enculés (ah, le mot est lâché) sans talent ni originalité qui polluent sans vergogne les images auxquelles le cinéphile associe lesdits morceaux, en les entachant de leur Déo qui puent, Soupline et autres merdes à freinage assisté.
Que le cul leur pèle.
La publicité est une pollution, une agression, la lie visuelle et auditive quotidienne qui matraque et qui gave sans relâche jusqu’à l’écœurement et même au-delà.
À un moment où il est question de ne plus en voir sur les chaînes publiques – ce qui à mon avis n’arrivera jamais – je me suis dit qu’un article pour la conspuer ne pouvait être que salutaire (égoïstement) à mon endroit.
Voilà qui est fait.
(un grand merci à deezer.com sans qui le fond de cet article eut été amputé de sa substance)
Folzebuth




Pets de tiers