Lundi 19 novembre 2007

La boîte de Pandore, le retour de flamme, l’outil de trop…

Tout a commencé dans le courant du siècle précédent.

Le cinéma a fait son apparition lentement au cours du siècle dans des salles ou il fallait payer pour voir un spectacle sur grand écran.
Différents courants musicaux sont éclos et il fallait payer, soit pour voir l’artiste se déchaîner sur scène, soit pour avoir un enregistrement sur disque vinyle 33 tours à écouter chez soi sur une platine assez chère pour l’époque.
La télévision a également vu le jour, en noir et blanc tout d’abord, puis en couleur, avec 2 redevances* différentes qu’il fallait (et faut encore) bien entendu payer, pour revoir ces mêmes artistes de variété au petit conservatoire de Mireille, ou dans Midi Première présenté par Danièle Gilbert, et pour revoir dans « La dernière séance » présentée par Eddy Mitchell le film que l’on a déjà vu au cinéma.
Toujours dans le courant du siècle écoulé apparu la bande magnétique. Tout d’abord utilisé dans les années 40-50, elle fut mise à disposition du grand public dans le courant des années 60. Très rapidement les Majors de l’industrie du droit d’auteur ont flairé l’embrouille avec pour la première fois un système d’enregistrement et de reproduction privé pouvant générer une fuite de fonds. Ils ont même déjà à l’époque essayé de tousser devant les tribunaux et ont été gentiment mouchés.
Ils ont été également renvoyés dans leurs 22 lorsqu’ils ont crié au scandale lors de l’avènement du magnétoscope, tu sais cette machine qui enregistrait le programme télé, sur une grosse cassette noire.

Puis à partir des années 70 tout s’est accéléré.
Les lecteurs VHS de salon se sont transformés en magnétoscopes, puis pour certains en lecteur vidéo CD, puis en lecteur DVD, puis pour certains en enregistreurs sur disque dur de forte capacité, et aujourd’hui en lecteurs Blue Ray…

Côté musique ?
Le tourne disque à progressivement cédé sa place au lecteur cassette magnétique, au lecteur enregistreur double/cassette (avec fonction copy auto svp), au lecteur CD, au lecteur enregistreur de mini-Disc, au lecteur CD mp3…

Avant, un artiste musical pouvait faire une carrière de 4 ou 5 ans et partir à la retraite sur un voilier pour le restant de ses jours (tout en négociant sur la fin un contrat juteux avec un lunetier plagiste).
Avant, lorsque tu voulais une photo d’un artiste, il fallait payer le magazine qui la contenait. Si tu voulais un morceau de musique, il fallait l’acheter, voir l’artiste en concert, payer. Voir l’artiste dans une émission de télé ? Payer la redevance de la chaîne qui finance le programme qui achète la star en question. Un vidéo-clip de la star du moment ? Même chose.

Mieux encore.
Fan d’un vieux groupe, ton mange-disque vinyle rend l’âme, tu veux retrouver les albums dans un format différent ? Tu payes. Comment ça tu les avais déjà tous achetés déjà par le passé… on s’en fout du passé coco… tu raques !

Tu pensais que cela durerait encore combien de temps ?

Dans une main tu as une industrie culturelle de la musique et de l’image qui se gave depuis quelques décennies, en demandant des sous pour eux (et leurs descendants) à chaque vente, diffusion, copie de leur production. Pas besoin d’alimenter la machine ; tu bosses 1 fois, tu as un gros succès et tu engranges Ad Vitam.

Dans l’autre main, tu as une industrie technologique qui n’a de cesse de créer de nouveaux supports rendant les précédents obsolètes (ayons une pensée émue pour celui qui a acheté en son temps un lecteur VCD, tu sais ces lecteurs où le film était contenu sur une galette numérique de la taille d’un 33 tours, à des prix scandaleux ; si eux on ne s’est pas gentiment foutu de leur gueule…).

Le plus génial dans cette vaste entreprise presse-larfeuille est que la notion de support media est noyée dans celle du droit d’auteur. A chaque changement de technologie de salon, il faut à nouveau payer pour avoir ce qu’on a déjà… Va à la FNAC demander un échange standard d’un film VHS contre le même en DVD, sur un air de « J’ai déjà payé l’auteur, j’y ai donc droit non ? ». Même en proposant de payer pour le prix matériel du DVD, tu risques au mieux un sourire embarrassé de ton interlocuteur, au pire une expulsion manu militari par un vigile en costume anthracite.

A ce sujet, j’espère que tu es content de ta collection de DVD, car dans 15 ans quand les lecteurs DVD n’existeront plus et que le tien aura rendu l’âme, tu pourras toujours t’en servir pour caler des meubles ou jouer au frisbee.

Puis est arrivé internet… Et d’un excès nous sommes passés dans un autre.

Avec l’arrivée du « libre échange » électronique, ce n’est plus une fuite ni une voie d’eau, mais un naufrage pur et simple ou n’importe qui équipé d’un PC et d’un accès internet peut acquérir ce que bon lui semble d’un simple clic. Une société a qui on disait paye, paye, paye, devient hystérique devant la possibilité de truander et d’obtenir sans frais tout et n’importe quoi. Alors ça télécharge massivement, parfois même plus qu’il n’y a de temps pour tout voir. Le téléchargement purge, compulsif ; une certaine ivresse.
La situation, à l’instar de la consommation de cannabis, est juridiquement ingérable tant les contrevenants sont nombreux.

La technologie a permis aux vedettes de rentrer massivement dans les foyers du monde moyennant finances sonnantes et trébuchantes, cette même technologie les a poignardé définitivement au changement de millénaire avec la démocratisation des graveurs numériques et d'internet.
Je n’ai pas de solution, même pas de morale à trois sous à faire sur ce sujet.
Je suis juste curieux de savoir comment les choses vont évoluer dans les 10 prochaines années.

 
Folzebuth. icon_metal.gif

*La redevance audiovisuelle sert à financer des chaînes dites de service public, contenant tout plein de publicités et faisant systématiquement de moins bon chiffres d’audience que d’autres chaînes privées, également pleines de pub et de programmes putassiers en diable.
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Mardi 28 août 2007
Une loi : la loi encadre strictement le format et les dimensions de la plaque d’immatriculation et des caractères qui la compose. Extrait :
En France, la plaque arrière doit être jaune ou blanc réfléchissant avec des inscriptions noires et mesurer soit 110 mm x 520 mm, soit 275 mm x 200 mm. La plaque avant doit être blanc réfléchissant avec des inscriptions noires et une taille soit de 110 mm x 520 mm, soit de 100 mm x 455 mm. La police de caractères est aussi homologuée et doit être totalement lisible.
Plus de détail  http://www.code-route.com/code_immatriculation.htm

Bon.
De fait et ce n’est un secret pour personne, les plaques fantaisistes avec des polices de caractères cursives, gothiques ou autre sont totalement prohibées. Idem pour les couleurs de police de type doré par exemple, très difficile à lire sur le jaune, et tout à fait interdit.

Un fait : la fabrication et la vente de plaques fantaisistes se pratique de façon libre sans que personne ni trouve rien à redire. On trouve facilement même des sites internet riches en polices délirantes, et, comble du comique, un rappel en haut sur celles dites homologuées.
Rappel de ce qui est dit dans la loi : « La police de caractères est aussi homologuée (…) »

Un postulat : Très peu d’individus font l’acquisition d’un jeu de plaques minéralogiques pour un usage autre qu’une installation en bonne et due forme sur les 2 pare-chocs de son véhicule. Certains peut-être en accroche un jeu au-dessus de leur cheminée, mais cela reste marginal et réservé à une élite de goût fan de tuning qui s’accouple régulièrement avec son auto.

Un constat : lorsque que l’infraction des plaques non conformes est constatée par un agent de la force publique, le conducteur du véhicule est verbalisé, avec astreinte en plus de changer lesdites plaques pour des conformes sous un délai X.

Alors je vais sans doute encore passer pour un con qui ne comprend rien, mais comment se fait-il que la présence d’un accessoire éminemment non réglementaire débouche sur la punition de celui qui l’a fait installer, tout en ignorant purement et simplement l’existence de celui qui l’a vendu et posé ?
Comment un article à emploi unique aussi explicitement interdit peut-il être délibérément produit, commercialisé et riveté par des professionnels de l’automobile, sans être inquiété ?

Si quelqu’un a un début de réponse…

Folzebuth
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Samedi 7 avril 2007
Au gré de mes pérégrinations électronique sur la toile, débarquais-je ces jours-ci sur un forum traitant de la construction de maisons individuelles (arrête de sourire, veux-tu…).
Le principe du forum en question est un échange entre particuliers d’avis sur l’emploi de tel ou tel matériaux pour faire construire, et vers quelle entreprise se tourner dans cette démarche.
Stupeur et tremblements comme dirait l’autre… vise un peu ce post d’un participant rapporté ci-après (pour les amoureux de la langue française, un avertissement d’usage me semble important, méfiez-vous, c’est du brutal) :

Nous sol sableauneux!!!
Nous aussi on a prefferer une entreprise qui fesais appeller au artisant laucaus et heureusement car on a eu quelque souci, mais tous reparer dans les temps et tres vite!!!


Alors ? Troublant n’est-ce pas ?
Je cherche depuis une explication pour comprendre comment et pourquoi une phrase simple de français académique peut se trouver à ce point torturée et malmenée.

Effet de mode ?
Toute une génération s’est complu dans la pratique du verlan il y a une vingtaine d’année, sorte de dialecte urbain dont certains vestiges perdurent encore dans l’argot contemporain (meuf, rebeu, être ouf, relou etc… je ne vais pas vous en faire un inventaire exhaustif non plus !). Le grand n’importe quoi en matière d’écriture serait-il tendance dans certains milieux dont je suis exclus ?

Vengeance personnelle ?
L’auteur de cette phrase règle-t-il, par le biais de cette écriture à l’orthographe moribonde, ses comptes avec cette institution qu’est l’éducation nationale envers laquelle il voue une haine farouche datant de la sombre époque où une institutrice retorse le surprit en flagrant délit de copiage pendant une dictée surprise notée sur 10 ?

Je-m’en-foutisme crasse ?
Sommes-nous en présence d’un olibrius dont la méthode de dactylographie l’empêche de regarder l’écran pour y contrôler ce qu’il y saisit, tout affairé qu’il est à regarder ses doigts pianoter, et souffrant d’une paresse telle que la relecture de son chef d’œuvre lui paraît futile et superflue ?

Médiocrité globale (comme la méthode) ?
Ou tout simplement, et c’est le plus effrayant, sommes nous confronté à quelqu’un qui a atteint un degré de nullité dans la pratique de sa langue qui confine à l’infini ? Quelqu’un qui a quitté le circuit scolaire en marche ? Quelqu’un qui n’a lu que 2 livres dans sa vie : « Martine à la plage » à 7 ans et le « Recueil des meilleures blagues de Jean Roucas » dix ans plus tard ? Est-il simplement critique de cinéma à Libération ou aux Inrockuptibles ?


Va savoir…
Si tu as un début de réponse, fais passer, car sincèrement, ça m’intrigue (surtout « laucaus »… 2 fautes sur un mot de 2 syllabes, c’est à hurler de rire ou d’effroi ; moi je m’y perds, suis submergé par l’incompréhension, je m’enfonce… tout est noir… à l’aide).


Folzebuth
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Jeudi 18 mai 2006
    On aime bien « Les journées de… » en France, du moins j’ai l’impression.
Je ne sais pas à quoi ça tiens au juste. Parce que bon, en cherchant, je suis sûr qu’on doit arriver à trouver des origines pour chacune de ces journées dédiées… mais pourquoi a-t-on ce besoin compulsif de célébrer, de manière fade et mollassonne qui plus est, 1 fois dans l’année, soit une abstinence, soit un sexe, un art, ou encore un comportement… ?
Toi qui me lit, connecté que tu es sur la toile, saisis « La journée de » dans un moteur de recherche internet, le résultat est amusant.
20 mars – journée de la Francophonie
8 mars – journée de la Femme
22 mars – journée mondiale de l’eau
Notez d’ores et déjà que le mois de mars est manifestement propice aux « journées de… » (et je ne triche pas, je cite les journées dans l’ordre où elles me sont apparues sur google). Je continue :
16 novembre - Journée internationale pour la tolérance
26 avril – journée nationale du fromage
23 avril – journée mondial du livre et du droit d’auteur
Journée mondiale de l’environnement, de l’alimentation, de la courtoisie au volant, journée sans tabac, sans viande (20 mars, comme la Francophonie… !!!), journée sans achat, journée sans ma voiture, journée sans téléphone mobile… Je ne vais pas toutes les citer, ce serait longuet et vous croiriez que j’en invente.
Il y a 365 journées dans une année, c’est à se demander s’il y en a assez pour toutes les célébrations nationales, internationales, mondiales ou interplanétaires que nous aimerions placer.
Et pour quelle finalité ? c’est ce qui m’intrigue le plus…
En 13 ans de tabagisme (fumeuses années derrière moi désormais), je n’ai jamais vu un fumeur de mon entourage délaisser la cigarette 24 heures durant, sous prétexte que c’est la journée sans.
Et la journée du civisme en bagnole, à quoi ça sert, si ce n’est à nous rappeler que 100% des citoyens « normaux » deviennent des gros cons une fois au volant. On n’avait pas besoin d’une journée pour le savoir, c’est notoire.
Ce qui m’échappe, c’est que ça sonne comme « ni fait ni à faire » cette affaire là. On y pense 1 jour, car ils en parlent à la radio, à la télé ; c’est pour mieux oublier demain.
On fait, ou on ne fait pas. On milite, on agit ou on s’intéresse à autre chose… mais dédier une journée, je ne comprends pas.

Et les femmes… la journée de la femme.
Là encore, je ne pige pas. Je trouve déjà désolant de considérer que la cause des femmes pèse dans le calendrier des causes le même poids qu’une abstinence de nicotine ou la glorification du camembert. En ce qui me concerne, c’est toute l’année la journée de ma femme, je n’ai pas besoin qu’on vienne m’expliquer comment il faut que je pense à elle (à ce sujet, la St Valentin me gonfle pas mal), et c’est largement réciproque d’ailleurs.
Alors vous allez me dire : « Mais Folzebuth, ça ne concerne pas ta femme spécifiquement, bougre de con, mais les femmes, celles qui sont battues, opprimées, violées, voilées contre leur gré. »  Ben ça doit lui faire une belle jambe, la journée de la femme, au gros con qui cogne la sienne de femme.
Et ça résume assez bien le fond de ma pensée ; ce type de « journée de… » n’interpelle que ceux qui sont déjà sensibilisé à… Ceux qui méprisent l’objet de ladite journée avant qu’elle n’ait lieu, ben ce sera pareil pendant et après. C’est de l’hypocrisie (d’hypo- signifiant en grec « sous », et -crisie vient de Cris : peuple amérindien établi principalement dans la région administrative du Nord Québec. Il est d’ailleurs fréquent d’entendre : « Monsieur le ministre, avec de tels propos, vous êtes un peu démago et sous l’indien du Québec ! »).



Ne comprenant pas la finalité de toutes ces journées célébrées, je n’ai toutefois pas souhaité demeurer en reste…
Ainsi ai-je désormais décidé de célébrer la journée de mon cul. C’est une journée pendant laquelle sera célébré dignement ce sphincter musculaire qui en chie toute l’année, sans se plaindre en aucune manière, et qui en voit passer de toutes les couleurs avec une abnégation qui force le respect.
Ce jour là sera donc un jour de repos où celui-ci ne sera pas sollicité, inaugurant par là même « la journée sans caca » (sauf épisode de gastro-entérite foudroyante auquel cas la journée serait reportée d’une semaine, avec l’aval du comité scato-central que je représente).
Des attentions particulières pourront lui être adressées, telles que l’application de talc grenat (pour le côté festif) ou d’une pommade apaisant les épisodes hémorroïdaires aigus. Et d’une manière générale, invitation sera lancé à mes contemporains de marquer cette date comme un évènement majeur du calendrier, tant la considération de ce muscle annulaire, le mien comme le leur, ne saurait être mise à l’index !

Folzebuth
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Samedi 11 mars 2006
« …même dans les rangs des chasseurs,
qui dégomment la tourterelle,
et occasionnellement les beurs… »
Renaud

« Leïla, si tu savais les yeux qu'elle a
Quand elle voit s'approcher les chasseurs »
Cabrel

« Les chasseurs à l'affût te tireront dessus… »
G. Brassens

« Ce matin, un lapin, a tué un chasseur… »
C. Goya

« Le chasseur m’a taper ! »
Allain Bougrain-Dubourg

« Thierry le chasseur est comme tous les chasseurs, il est con...
...tent d'aller chasser,
Il aime les fleurs, connaît la forêt par coeur, il est con...
...centré sur son gibier »
Les Wriggles

Mais qu’ont-ils donc tous ? J’avoue être complètement perplexe devant la fronde générale dont les adeptes de cette discipline font l’objet. J’en parle d’autant plus librement que je n’en suis pas un, et que j’en compte assez peu dans mon entourage direct.
Je ne comprends pas ce qui pousse une partie significative de la population à décrier de façon aussi agressive cette discipline, cet art, ce « hobby », appelez ça comme vous voulez.

Parce ce que bon ; si on fait abstraction de la logique végétarienne qui ne concerne qu’une frange très réduite de la population, pour qui le fait de dégommer des bestioles afin de s’en repaître est contre nature, je ne vois pas ce qu’il a de choquant dans l’acte consistant à prendre un fusil, pour tuer du gibier et en faire le commerce ou le cuisiner.
Une fois encore j’insiste ; le clan des végétariens peut tout à fait clamer son indignation vis-à-vis de la chasse, rien ne me paraît plus logique dans la démarche ; « je ne mange pas de viande car les animaux me sont franchement sympathiques », rien de plus normal que de ne pas apprécier le fait qu’ils soient abattus.
En revanche, pour l’immense majorité de ceux qui consomme de la viande au quotidien, j’aimerais bien qu’ils m’expliquent en quoi la chasse leur pose un cas de conscience ? Du moment que l’espèce chassée n’est pas protégée car menacée d’extinction, je ne vois pas le problème. Parce que si c’est l’acte de tuer qui rebute, comment la viande se retrouve-t-elle sous film plastique en rayon au Super U du coin ? Les abattoirs tournent en France et ailleurs à plein régime, débitant du mammifère ou de la volaille d’élevage à une cadence qui force le respect, et dans l’ensemble on s’en fout un petit peu, c’est un métier comme un autre, les types bossent en blouse et cela ne se passe pas sous notre fenêtre. Le chasseur, lui, porte du kaki récupéré en surplus militaire, a un fusil à deux canons sur l’avant-bras en lieu et place de tenailles à électronarcose, et quand il tire son coup, ça s’entend de loin.
Vous entendez souvent parler de « ce gros con de pêcheur » ? Moi jamais. En quoi la pêche (en mer, en lac, en rivière, en baignoire, à la mouche, au harpon, à l’épuisette) serait-elle plus noble, moins critiquable ? L’image du pêcheur est associée à une communion avec la nature, le panier, une graminée coincée entre les dents, le ballon de Muscadet, la quiétude, du lyrisme en veux-tu en voilà… Le chasseur lui, est aviné, tatoué par la couperose, avec un chicot de brune sans filtre soudé aux commissures des lèvres ; il porte un couvre-chef régional traditionnel et grotesque, il est forcément raciste, sent la vinasse et tire sur tout ce qui bouge, bondit, vole, brame, grogne ou parle avec un accent pas d’ici.

Je ne comprends pas. La France entière se gave pendant les fêtes d’huîtres avalées vivantes, de foies engorgés de volailles gavées puis dépecées, voire de homards plongés encore gesticulants dans une eau qui bulle ; mais qu’un chasseur s’avise de passer dans le champ voisin un lendemain de fête pour tirer une poule faisane, et il est de suite catalogué dans cette reluisante catégorie qu’est celle des « gros con ». Il y a un truc qui m’échappe, si quelqu’un peut m’éclairer…

J’irais même plus loin dans le raisonnement. Si on exclut, j’insiste sur ce point, les espèces pour lesquelles la balance entre le renouvellement et l’abattage leur est défavorable, je ne vois pas en quoi le fait de porter de la fourrure est choquant. Quitte à zigouiller une bestiole pour sa viande, autant récupérer l’habillage fournit avec. Va expliquer aux populations vivant dans le grand froid que le synthétique, c’est magnifique. La cause étendard des anti-fourrures est le rejeton phoque, et l’accroche favorite, je cite : « Du sang sur la banquise ». Je trouve que cela résume assez bien le sujet : le bébé phoque est ardemment défendu car il a une trogne de peluche, et que le sang sur son pelage immaculé passe bien à l’image. Alors que le Boa de la Jamaïque, tout le monde s’en branle. Inoffensif au-delà du raisonnable, cet animal est en voie d’extinction et chassé malgré cela car éveillant une peur ancestrale chez les autochtones qui le massacrent, mais bon, ça reste un serpent, donc pas de quoi en faire un dessin animé pour les gosses ou faire sortir de l’ombre (où elle aurait dû rester) une actrice vieille peau imbécile et raciste.
Il paraît que suite au retour de la fourrure dans certains articles de mode, la S.P.A aurait tenté de faire campagne sur la région parisienne en affichant sur les bus ou des affiches grand format que la fourrure utilisée serait très souvent de la peau de chat ou de chien. Et après ? Il faudrait savoir ; c’est la fourrure en général qu’il ne faut pas porter, ou celle de chiens et chats ? Ça me gonfle pas mal : porter un blouson en cuir de vache passe inaperçu au possible, alors que porter de la fourrure de lapin est une ignominie, et porter un sac en peau de chat, c’est carrément une fatwa internationale qui t’est adressée. En ce qui me concerne, je me ferais bien des housses de siège en pit-bulls pour ma voiture, ne serait-ce que pour emmerder les fans de cette saloperie de clébard contre-nature.

Comprenons-nous bien, je suis opposé à la souffrance des animaux quand elle peut être évitée, je ne suis pas un farouche adepte de la tauromachie, à vrai dire je m'en cogne. Je dis simplement que d’un point de vue alimentaire l’homme est omnivore en général et carnivore en particulier. Partant de là, il n’y a pas d’état d’âme à avoir quand il s’agit de manger de la viande, que l’animal soit tué dans un environnement carrelé et aseptisé ou dans un sous-bois, le résultat est le même ! Pour son pelage, même raisonnement.


Pour finir sur de belles paroles :

« Moi je fais du 41 en bébé phoque si t'en trouves deux pareils, ça me fera des chaussons. On va pas se geler les arpions pour que ces deux connards qu'on connaît même pas glissent sur la banquise ! »

Folzebuth 
par Folzebuth publié dans : Interrogation
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Épice déçu

Vesse fugace

A tous ceux qui échouent ici suite à une requête Google comprenant les mots  "femme à poil", "Laetitia Boudou/Hallyday nue" ou encore "Grosse femme nue fait caca", le tenancier de ce blog vous informe qu’il est peu probable que vous trouviez une quelconque satisfaction à la lecture des écrits contenus ci-dessous. Vous pouvez donc passer votre chemin avec au cœur mon souhait que vous puissez trouver votre Graal (nu donc) sans trop de peine.
 

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